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Internet 101


Pour des parents qui ont grandi avec la télévision, éduquer la nouvelle génération Internet peut sembler une tâche difficile. Techniquement parlant, les jeunes connaissent bien mieux Internet que les adultes et l'utilisent de manière différente. Rien d'étonnant donc à ce que les parents se sentent souvent dépassés.


Mais, mal à l'aise ou non, ils doivent absolument s'impliquer dans l'univers virtuel que fréquentent leurs enfants. Même si les jeunes maîtrisent les nouvelles technologies dix fois mieux que nous, ils ont quand même besoin que des adultes les aident à développer jugement et pensée critique pour faire face aux différentes situations, informations et personnes qu'ils sont susceptibles de rencontrer sur Internet.


En premier lieu, les parents devraient se familiariser avec l'utilisation que leurs enfants font d'Internet. La plupart d'entre nous regardons sans comprendre quand nos enfants ouvrent une fenêtre après l'autre sur l'écran de leur ordinateur en tapant à toute vitesse sur leur clavier. Cette section est une introduction aux activités préférées des jeunes sur Internet et aux technologies qu'ils utilisent. Elle vous permettra de mieux comprendre ce qu'ils font et de vous impliquer davantage.


Sites Web / courriels / messageries instantanées / bavardoirs / partage de fichiers / messages textes


Sites Web


Le Web (World Wide Web) est l'endroit le plus fréquenté par les jeunes sur le réseau Internet. Un site Web est une page, ou une série de pages, pouvant contenir du texte, des images et des liens pour télécharger des jeux, de la musique, des logiciels ou des vidéoclips. Il en existe littéralement des millions auxquels peut accéder tout internaute par le biais d'un logiciel appelé « navigateur ».


Le Web est différent des autres médias dans la mesure où il permet aux jeunes d'afficher et de diffuser leurs propres textes et créations. Une occasion fascinante d'explorer et de partager leur créativité en produisant sur leurs pages films, musique, sites Web, magazines en ligne, blogues ou journaux intimes.


Mais le Web a aussi son côté sombre. Il est facile d'y aboutir, volontairement ou non, sur des sites pornographiques, haineux, violents, ou qui proposent des contenus et des activités dangereuses et illégales. Les jeunes peuvent y mettre également leur vie privée en danger, aussi bien sur des sites commerciaux qui tentent de leur arracher des informations personnelles que sur leurs propres pages Web quand ils y affichent photos et renseignements.


Par ailleurs, trouver de l'information juste et exacte sur Internet n'est pas simple quand on considère les millions de pages actuellement en ligne et les milliers d'autres qui s'y ajoutent tous les jours. N'importe qui peut diffuser ses opinions en ligne et on y retrouve une grande quantité d'informations inexactes ou trompeuses. Malheureusement, les études montrent que les jeunes ont tendance à croire que « si c'est sur Internet, c'est que c'est vrai ». Il est donc essentiel d'enseigner à vos enfants à remettre en question ce qu'ils lisent en ligne.


Si vos enfants ont leur propre site Web, tenez-vous au courant de ce qu'ils y affichent. Apprenez-leur à respecter la loi du droit d'auteur en ne volant pas le contenu d'autres sites et à ne jamais diffuser insultes ou menaces envers une autre personne.


Conseil

Créez, avec l'aide de vos enfants, un site Web familial qui gardera parents et amis au courant de vos activités.



Courriels


Si vous êtes branchés sur Internet, vous possédez probablement un courriel. Envoyer et recevoir des messages par courriel est l'activité numéro un des internautes. Pour vos enfants, c'est un moyen rapide, efficace et peu coûteux de rester en contact avec amis et parents et même, s'ils le désirent, de se trouver des correspondants partout à travers le monde.


Ce sont certes des avantages indiscutables, mais toute personne utilisant un courriel sait qu'elle s'expose aussi à une avalanche quotidienne de pourriels en bonne partie publicitaires, mais souvent offensants ou obscènes. On estime que les pourriels représentent à eux seuls 40 pour cent des messages transmis par courriel. Les jeunes, qui n'ont pas encore acquis un jugement suffisamment critique, sont particulièrement vulnérables aux annonces publicitaires, escroqueries et messages malsains.


Les fournisseurs de services Internet (FSI) offrent généralement à leurs clients un courriel gratuit. Si vos enfants sont jeunes, optez pour un courriel partagé auquel vous aurez aussi accès et que vous pourrez contrôler. Enseignez-leur également dès le plus jeune âge à éviter les messages non sollicités en ne donnant jamais leur adresse de courriel à quelqu'un qu'ils ne connaissent pas.


Si vos enfants sont plus âgés, ils ont probablement leur propre courriel, fourni gratuitement par des sites comme Hotmail et Yahoo ! Aidez-les à installer les filtres disponibles qui éliminent les messages non sollicités et assurez-vous qu'ils choisissent sur le formulaire d'inscription de NE PAS recevoir de promotions publicitaires et de NE PAS être inscrits dans un quelconque annuaire de courriels. Encouragez-les aussi à protéger leur vie privée en ne donnant jamais leur adresse de courriel en ligne.


Conseil

Créez une adresse de courriel « fantôme » que vos enfants pourront donner en ligne. Cela protégera des pourriels leur véritable adresse qu'ils ne communiqueront qu'à leurs amis ou parents.



Messageries instantanées


Les jeunes internautes d'aujourd'hui ont remplacé le téléphone par la messagerie instantanée comme moyen privilégié de parler à leurs amis. À peine de retour à la maison, ils se précipitent sur leur ordinateur pour continuer les conversations entamées à l'école et peuvent rester des heures en ligne.


Pour avoir accès à une messagerie instantanée, il suffit de télécharger un logiciel disponible sur Internet et de s'inscrire à un service de messagerie instantanée (le plus populaire est de loin MSN Messenger). Pour les jeunes, c'est un outil formidable et gratuit qui leur permet de parler avec leurs amis, coordonner leurs projets scolaires et entrer en contact avec des gens du monde entier.


Quand les enfants disent qu'ils sont en train de « clavarder », beaucoup de parents confondent messageries instantanées et bavardoirs. Les deux technologies permettent des conversations directes en temps réel, mais elles comportent des différences importantes sur le plan de la sécurité.


Un bavardoir est un endroit sur Internet où vous pouvez parler à n'importe qui dans le monde, une sorte de bottin téléphonique international où l'on choisit son correspondant au hasard.


La messagerie instantanée permet au contraire de sélectionner les personnes à qui l'on accepte de parler et présente donc moins de dangers. L'utilisateur dresse une liste des personnes autorisées à entrer en communication avec lui et peut bloquer les inconnus ou les indésirables.


Tout risque n'est pas pour autant éliminé. Chez les jeunes, il est prestigieux d'avoir une liste de correspondants aussi longue que possible et certains d'entre eux ont plus de 100 « amis » qu'ils n'ont pour la plupart jamais rencontrés.


Par ailleurs, comme les jeunes se sentent souvent libres d'exprimer en ligne des choses qu'ils n'oseraient jamais dire dans la vie réelle, les messageries contribuent à répandre médisances et rumeurs. Et certains jeunes peuvent ainsi se faire harceler par leurs camarades jusque dans leur propre maison.


Enfin, les services de messageries instantanées encouragent leurs utilisateurs à remplir sur le formulaire d'inscription une section dite « profil personnel » qui comprend des renseignements personnels. Une fois complété, ce profil peut être lu par n'importe qui sur Internet. Enseignez à vos enfants à ne jamais fournir de profil personnel en ligne.


Conseil

Revoyez avec votre enfant la liste de ses correspondants de sa messagerie instantanée pour vous assurer qu'il en connaît effectivement tous les membres.



Bavardoirs


Les bavardoirs sont des endroits sur Internet où vous pouvez mener des conversations directes avec un grand nombre de personnes en même temps, soit l'équivalent d'un appel conférence au téléphone, si ce n'est que vous tapez sur un clavier au lieu de parler. Vous pouvez lire ce que chacun écrit tout en gardant, si vous le désirez, un parfait anonymat.

Ces endroits de rencontre sont pleins de possibilités pour les personnes qui partagent des intérêts communs, mais offrent un terrain de choix aux prédateurs sexuels en ligne à la recherche de jeunes victimes. En conséquence, vos jeunes enfants ne devraient tout simplement pas avoir accès aux bavardoirs. De la même manière que vous leur enseignez à ne pas parler à des étrangers dans la rue, vous devriez leur interdire de parler à des inconnus en ligne. Plus vieux (10-13 ans), ils ne devraient participer qu'à des bavardoirs réservés aux jeunes et, même là, sous l'étroite supervision d'un adulte.


Certains sites de bavardoirs possèdent des logiciels qui éliminent automatiquement les participants qui utilisent un langage inapproprié. D'autres ont des superviseurs chargés de surveiller les conversations. Mais, dans tous les cas, souvenez-vous que l'anonymat d'Internet permet facilement à un adulte de se faire passer pour un enfant.


Les jeunes adolescents sont particulièrement en danger dans les bavardoirs. Ils sont à un moment de leur vie où ils découvrent la sexualité, commencent à se libérer du contrôle parental et cherchent à se créer des relations hors du cercle familial. L'anonymat des bavardoirs les encourage à parler directement et ouvertement. Les conversations deviennent plus rapidement intimes, et les prédateurs sexuels en profitent.


Encouragez vos adolescents à n'utiliser que des bavardoirs supervisés destinés à des jeunes de leur âge, à ne jamais donner d'informations personnelles en ligne et à toujours demeurer dans les aires publiques. (Certains sites offrent à leurs utilisateurs la possibilité de s'isoler pour des conversations privées que personne d'autre ne peut voir ou superviser.)


Conseil

Installez toujours les ordinateurs branchés sur Internet dans un endroit passant de la maison - jamais dans la chambre d'un enfant.



Partage de fichiers


Le partage de fichiers, ou communication poste à poste, permet à un utilisateur de chercher, puis de télécharger des fichiers contenus dans l'ordinateur d'un autre utilisateur. Dès ses débuts, cette « culture du téléchargement » a été adoptée avec enthousiasme par les jeunes qui s'en servent pour échanger des fichiers de musique, d'émissions télévisées ou de films. Là, comme dans bien d'autres nouvelles technologies, ils sont très en avance sur leurs parents.


Le partage de fichiers protégés par la loi du droit d'auteur est illégal, mais cela n'a pas empêché l'échange ou le téléchargement de millions de fichiers par mois. L'industrie du disque attribue au partage de fichiers la baisse de 25 pour cent de ses ventes depuis 1999 et réagit désormais en poursuivant individuellement en justice les personnes coupables de téléchargements illégaux à grande échelle.


C'est aux parents de prendre l'initiative de discuter avec leurs enfants des problèmes éthiques que pose le partage de fichiers. C'est une question compliquée : un grand nombre d'adultes, y compris des parents, échangent des fichiers et certains musiciens se sont même exprimés en faveur de cette pratique. Commencez par demander à vos enfants s'ils savent que le partage de fichiers est illégal. Faites-les penser ensuite aux créateurs : ne méritent-ils pas une compensation financière quand leurs œuvres sont échangées en ligne ? Et, si tout le monde se met à échanger gratuitement des fichiers, où trouvera-t-on l'argent pour lancer de nouveaux artistes ?


L'accès à un réseau de partage de fichiers implique le téléchargement d'un type particulier de logiciels. Même si c'est gratuit, il y a un prix à payer. Quelques logiciels parmi les plus populaires arrivent accompagnés de parasites encombrants et dangereux, appelés fichiers « voleurs de trafic » (« scumware » ou « thiefware »), qui créent automatiquement sur les pages Web des liens renvoyant l'utilisateur à des pages de publicité et parfois même à des sites pornographiques.


Par ailleurs, de nombreuses personnes utilisent ces réseaux de partage de fichiers pour échanger des images ou des vidéos pornographiques, sur lesquels les jeunes peuvent facilement tomber par hasard. La situation est d'autant plus grave que les filtres parentaux qui bloquent habituellement la pornographie ne fonctionnent pas sur ce type de logiciels. Certains réseaux de partage de fichiers ont cependant créé leur propre système de filtrage, et vous devriez vérifier si c'est le cas pour celui de vos enfants.


Conseil


Si vous voyez apparaître des liens jaunes ou verts quand vous naviguez sur le Web, cela signifie que votre ordinateur est infecté de fichiers « voleurs de trafic ».



Messages textes


Cette nouvelle forme de communication électronique par téléphone cellulaire, connue aussi sous le sigle SMS (Small message system), est de plus en plus courante et très populaire chez les jeunes : envoyer un message texte coûte moins cher qu'un vrai appel téléphonique et on peut le faire parvenir à un grand nombre de personnes en même temps.


Comme les écrans des téléphones cellulaires sont très petits et ne peuvent afficher qu'un nombre restreint de lettres en même temps, les jeunes ont inventé un jargon particulier à base d'abréviations et de binettes, qu'ils utilisent souvent aussi dans les bavardoirs et les messageries instantanées, et qui laisse généralement leurs parents perplexes. Par exemple, asv, pour quel est ton âge, ton sexe et ta ville, tlm, pour tout le monde, ou le très connu a+, pour à plus tard.


Les parents, par ailleurs, peuvent difficilement exercer un contrôle sur les téléphones cellulaires : contrairement aux ordinateurs installés dans un endroit passant à la maison, à l'école ou à la bibliothèque, il s'agit d'appareils personnels, privés, toujours accessibles et connectés.


Tout comme dans le cas d'Internet, parents et enfants ne font pas le même usage des téléphones cellulaires. Les premiers n'y voient qu'un outil pratique qu'on ouvre et ferme au besoin. Les jeunes les considèrent comme faisant partie intégrante de leur vie sociale et de leurs loisirs et les gardent ouverts en tout temps pour qu'on puisse toujours les rejoindre. Ou, plus précisément, pour que leurs amis puissent toujours les rejoindre, pas forcément leurs parents !


Malheureusement, un nombre de plus en plus grand d'enfants sont régulièrement intimidés par le biais de ces messages textes. Et comme les jeunes ont tendance à laisser leurs cellulaires toujours ouverts, ils se font constamment harceler, à l'école, à la maison et jusque dans leur chambre.


Si votre enfant reçoit des messages d'intimidation sur son appareil, avertissez votre fournisseur de téléphonie sans fil. Si la situation ne s'améliore pas, changez le numéro.


Les messages textes posent également de plus en plus de problèmes aux enseignants : les élèves s'en servent pour communiquer pendant les cours ou pour tricher aux examens.


Conseil


Pour mieux comprendre le jargon des messages textes, visitez le site L'internaute.


Ressources du Réseau Éducation-Médias


Gérer Internet à la maison


Suis-je un internaute responsable ? (9-12 ans)


Suis-je un internaute responsable ? (13-17 ans)


Suis-je un parent branché ?


Relevant Web site: Sites recommandés


Droits des enfants et Internet


Net Express – L’encyclopédie animée d’Internet


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